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COLLOQUE ORT - 12 décembre 2017

publié le 8 janvier 2018 (modifié le 9 janvier 2018)

Mardi 12 décembre 2017 s’est tenu à la CCI de l’Aude, à Narbonne (11), un colloque organisé par l’ORT Occitanie/ Pyrénées-Méditerranée.

Les acteurs du transport à l’heure du digital 

La digitalisation de la société touche tous les secteurs et celui des transports n’échappe pas à la règle : nouveaux usages, cybersécurité, révolution technologique, voici quelques-uns des thèmes qui ont été abordés.

L’Observatoire Régional des Transports remercie tous les participants qui ont permis d’animer et d’enrichir cette rencontre, ainsi que M. Martin Venzal, directeur de Touléco et animateur de cette matinée.

Le président de l’ORT Occitanie, Jean-François Brou a introduit ce colloque en rappelant toute l’importance du thème traité qui concerne tous les domaines et de façon transversale l’ensemble du monde du transport.
Ce sujet majeur amène de nouvelles procédures, de nouvelles façons de faire au sein de nos entreprises. Un développement qui doit conduire à une certaine vigilance du monde économique mais aussi des services de l’État. Un questionnement s’impose : Comment nos entreprises peuvent-elles appréhender positivement cette révolution en cours dans nos métiers ? »

DIGITALISATION AU COEUR DES TRANSPORTS – Nouvelle révolution ?

Transport de voyageurs vers l’ère du Big Data ?
Florian Pellet, chargé de développement chez Kisio Digital

Une intervention avec des illustrations sur la donnée et comment cette dernière change aujourd’hui notre façon de concevoir le transport de voyageurs. La protection des données est un sujet de plus en plus complexe à couvrir, avec des usages digitaux exponentiels.

Les données transport n’échappent pas à ce phénomène et sont au coeur de l’innovation ouverte, en liaison avec un cadre législatif de nature à libérer cette information (données horaires, les arrêts, points de géolocalisation, etc.).
L’objectif étant de fournir de la « matière première » à des développeurs qui souhaiteraient ensuite proposer un site ou une application permettant de calculer un itinéraire, d’apporter d’autres informations en prenant en compte tous les modes de transport disponibles. Cette ouverture a des contraintes techniques, des coûts pour les opérateurs qui risquent potentiellement de se faire désintermédier par les GAFA, géants du numériques, en capacité de capter ces éléments et peut être d’orienter les réponses proposées aux voyageurs.
A partir d’exemples concrets, cette présentation est axée sur les bénéfices que peut avoir l’ouverture de ces données qui plus elles sont utilisées, plus elles vont avoir de valeur.
Des solutions digitales qui pourront permettre aux modes et réseaux de transport de s’adapter au contexte du voyageur, à son profil et au temps réel.

Présentation à consulter
Support Kisio Digital

Transport de marchandises dans l’univers de la « blockchain »
Thierry Grumiaux, délégué de la commission internationale, douanes, logistiques et nouvelles technologies au sein de la FNTR

A travers un cas concret, celui de la lettre de voiture électronique ou E-CMR (contrats entre expéditeurs, transporteurs et destinataires), on a ici une vision d’un secteur en recherche d’innovations qui ne transporte pas que du fret, mais aussi de plus en plus de data.
Pour créer et gérer l’E-CMR (International) mais aussi la lettre de voiture nationale, l’IRU* et les fédérations de transports nationales membres de l’IRU, ont conçu une plateforme utilisant l’application de l’éditeur néerlandais Transfollow. Cette solution permet non seulement la dématérialisation des documents liés au transports mais aussi l’échange d’informations et de documents validés à chaque étapes et en totale conformité avec la réglementation nationale et internationale."
Dans cet univers, la sécurisation des données et la recherche de l’intéropéralité des applications restent le maître mot.
La blockchain assure la transmission mais surtout la sécurisation des données en créant un registre digital qui à chaque étape du transport permet d’ajouter des données et d’apporter une validation par une signature électronique, le QR code, qui est ici une forme de blockchain. l’intégrité de l’opération est ainsi garantie.
Au-delà avec les utilisations de cette technologie, on peut s’attendre à la mise en place d’une blockchain d’application élargie à d’autres opérations du transport.

Présentation à consulter
Support FNTR

(*) IRU est une organisation internationale du transport routier, active dans plus de 100 pays

TABLE RONDE « Transports en 2030 - Défis d’aujourd’hui et de demain »

  • Fabrice Crasnier, Expert en cybercriminalité - ancien commandant de la Gendarmerie Nationale
    chercheur à l’Irit en intelligence artificielle et responsable du pôle Informatique Légale Scassi.
  • Yves Jussot, Délégué régional à la sécurité numérique Région Occitanie de l’ANSSI
  • Bertrand Minary, Directeur Innovation & Digital - Fret SNCF
  • Marc Pollina, Président de la société M3 Systems

Au cours de cette table ronde, il a été question de véhicules connectés au sein du mode ferroviaire et routier.

Dès juillet 2017, une nouvelle ère technologique est venue rendre plus attractive le fret ferroviaire. Bertrand Minary, directeur Innovation & Digital - Fret SNCF a présenté un système innovant issu d’une alliance établie entre SNCF Logistics et la Société Traxens, spécialiste en solutions digitales, qui équipe actuellement des conteneurs pour le transport maritime.
Le train fret digital est doté d’un système électronique programmable à distance qui créé un réseau maillé, sécurisé et sans fil reliant capteurs et récepteurs, d’un bout à l’autre du train, avec le cloud. Il devient possible de connaître et de contrôler la situation et l’état d’un train de fret de n’importe où et ceci en temps réel. Entre autres exemples, il sera possible pour les opérateurs et les chargeurs, de surveiller à distance un ensemble de paramètres garantissant la qualité et la sécurité des cargaisons.
Des objets connectés qui constituent tout un potentiel dans le domaine ferroviaire.

Présentations à consulter
Support SNCF Logistics

Vidéo

Des développement sont également apportés au niveau de la route avec une expérimentation réalisée à Pibrac, commune rurale de 9000 habitants, proche de Toulouse. Fabrice Crasnier, chercheur à l’IRIT* en intelligence artificielle et responsable du pôle informatique légale (ou Forensic) chez Scassi a présenté cette expérimentation menée par la Société EasyMile.
De juin à novembre 2017, un tout nouveau mode de transport gratuit a été testé. Guidé par GPS et satellite, une navette électrique sans chauffeur a suivi un trajet de 800 mètres pré-défini à une vitesse maximum de 25km/h. Totalement autonome pour avancer, elle est aussi capable de s’arrêter au moindre obstacle. Ce véhicule n’est autorisé qu’à circuler sur des voies piétonnes, en l’occurrence sur une esplanade ouverte aux piétons, aux cyclistes et utilisée pour le marché du dimanche. En six mois, on relève 15 000 voyageurs transportés, une collecte de données utiles, aucun incident technique à déplorer et un très fort taux de satisfaction pour le service apporté. La principale contrainte a tenu au fait qu’il était obligatoire de disposer à proximité d’un chauffeur titulaire du permis D pour permettre au véhicule de redémarrer après un arrêt occasionné par un obstacle.
Une autre expérimentation est actuellement menée en milieu urbain sur la commune de Toulouse, et s’inscrit dans la démarche Smart City initiée par Toulouse métropole. Ces expérimentations se mettent en place dans un projet universitaire plus large intitulé : « Projet neOCampus », avec à terme une expérimentation in vivo pour 36 000 personnes sur un campus doté d’un ensemble de services. Au total sous un pilotage de l’IRIT, 11 laboratoires travaillent aujourd’hui sur ce projet au sein de l’Université Paul Sabatier à Toulouse. D’ores et déjà un projet dénommé autOCampus a démarré en septembre 2017, dont les premiers objectifs sont de réaliser le développement de la plateforme autOCampus et d’ouvrir cette dernière à des projets d’expérimentation de systèmes de transports autonomes et connectés dans l’environnement de l’Université Paul Sabatier.
Quoiqu’il en soit, il s’agit de tests et il faudra encore que la technique et la législation évoluent pour que ce type d’utilisation devienne possible dans un espace ouvert à la circulation.

* IRIT : Institut en Recherche Informatique de Toulouse

Présentation à consulter
Support SCASSI

Toujours sur le volet du véhicule connecté, une expérience est apportée par Marc Pollina, directeur de la société M3 Systems, créée il y a 18 ans et basée en région toulousaine avec pour spécialité le positionnement par satellite (GPS et Galileo). Un travail qui s’intéresse au domaine des drones et des véhicules connectés. Il est certain que ces véhicules vont connaître un développement dans le futur mais cela se fera par étapes. Actuellement, nous sommes dans une phase expérimentale qui fonctionne bien avec un cadre de circulation homogène et répétitif. Techniquement même dans les dix ans à venir, nous ne disposerons pas encore d’un dispositif qui permettra aux véhicules autonomes de s’intégrer dans la circulation routière.
Dans l’immédiat, les défis portent sur la fiabilité des signaux pour éviter tous les risques de perturbation dans ces futurs véhicules autonomes. Il s’agit de développer une technologie suffisamment solide pour l’intégrité des données et garantir l’ensemble du système.
Déjà pour les voitures dites communicantes, des progressions technologiques intéressantes sont à relever au niveau de leurs échanges avec l’infrastructure et avec les autres véhicules. A court terme, en fonction des informations transmises les véhicules pourraient adapter leur vitesse de manière à fluidifier le trafic, par exemple.

A côté de ces éléments techniques, des notions de données et de sécurité sont rapidement apparues. Yves Jussot, délégué régional à l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information indique que les constructeurs, équipementiers et l’Etat n’ont pas attendu pour s’interroger sur la cybersécurité. Le numérique ne se conçoit pas sans cybersécurité. Une directive européenne ainsi que la loi de programmation militaire de 2013 sont venues apporter une batterie de règles techniques aux opérateurs avec des compléments réglementaires très récents. Enfin, le règlement européen sur la protection des données personnelles sera applicable en mai 2018 dans tous les pays de l’Union Européenne. Cette réforme globale doit permettre à l’Europe de s’adapter aux nouvelles réalités du numérique.
Quant aux enjeux déterminants pour ces transports de demain, il faut insister sur le volet normalisation des matériels ou logiciels avec la nécessité d’une certification par un tiers.

Site de l’ANSSI  

Retenons que les véhicules produisent et captent des données et qu’ils sont capables de nous renseigner sur leur environnement. Fabrice Crasnier précise qu’avec un capteur au niveau de l’essuie glace, nous sommes en mesure de dire avec précision qu’il pleut à tel endroit. Véritable valeur ajoutée, ces données collectées et collectables sont susceptibles d’intéresser les GAFA.
Au niveau national, la CNIL garante des données personnelles a établi en octobre 2017 un pack de conformité pour une utilisation responsable. Avec la mise en œuvre du règlement général de la protection des données (RGPD) en mai prochain, nous serons tous responsables des informations traitées et stockées. Les entreprises doivent se préparer à en assurer la protection.
Quelques évolutions pressenties pour les véhicules autonomes :
Demain, il est déjà question d’insérer une boîte noire dans les véhicules autonomes. Un dispositif qui permettra aux constructeurs et aux assureurs de reconstituer les données collectées par le système roulant en cas de problème et d’y voir plus clair en matière de responsabilité. Nous aurons également à faire face à des attaques de plus en plus importantes en raison de la multiplication des objets connectés. Ils seront alors des vecteurs d’attaque et de véritables failles de sécurité.
Le big data localisé dans notre véhicule impliquera alors que ce dernier apprenne avec qui il souhaite communiquer.

Site de la CNIL 

MÉTIERS DE DEMAIN - L’inévitable évolution
Quels métiers pourriez-vous exercer demain?

Le dernier rendez-vous de cette matinée a été consacré à l’inévitable évolution des métiers de demain.
Valérie Castay, responsable du département Etudes Transports logistique de l’AFT est venue nous conter la journée de travail d’une « conductrice livreuse repreneuse », dans un environnement fortement impacté par des modes de vie et de consommation, des mutations organisationnelles, technologiques et managériales. L’occasion aussi d’imaginer comment se formeront les parcours professionnels et l’orientation à travers l’illustration de Soizic, en 2026.
Cette étude de prospective a été menée sous la formes de plusieurs « Jobs fiction » par l’AFT à la demande de la Région et de la DIRECCTE Bretagne.
Un moyen de s’interroger sur le plan de la technologie, de l’innovation en mettant l’humain au coeur du système. Des lignes de force sont ressorties au niveau des compétences avec des besoins de compétences techniques et transversales qui sont liées pour ces dernières à la relation aux autres, à une nécessaire autonomie et à de l’agilité. Il faut voir ici de nouvelles opportunités.

Présentation à consulter

Support AFTpdf/ORT_Narbonne_ValerieCastay.pdf

Affichage colloque

Quelques clichés du temps des échanges avec la salle